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La pompe à ordures, une aberration écologique et économique

À propos de la collecte des déchets ménagers par pneumatique.

 

C’est en janvier 2007 que les habitants de notre ville ont découvert le projet consistant à ramasser les déchets ménagers par aspiration. Son principe consiste à déposer les ordures dans des bornes. Elles sont aspirées, puis transportées à 70 km/h vers un centre de transfert grâce à un réseau de canalisations. En quatre ans, les informations sont tombées au compte gouttes. Trois articles du magazine municipal y auront été consacrés. Les qualificatifs n’ont pas manqué « Excellence environnementale » « Révolution par pneumatique ». De nombreuses voix se sont élevées pour contester la pertinence de ce système, tant au plan économique, écologique que financier. Voici ce qu’écrivait madame Célia FONTAINE, dans le « journal de l’environnement » du 12 octobre 2010, nous la citons : « Le système de collecte pneumatique des déchets n’est pas dénué d’inconvénients. A commencer par son prix qui sera répercuté sur l’usager. Le coût de mise en place d’un réseau flirte avec les 4000 euros par logement. Côté exploitation, le coût est près de deux fois supérieur à celui de la collecte classique, expliquent les services de la mairie de Barcelone. La longévité du système peut également être mise en cause. ENVAC avait dans un premier temps annoncé une durée de vie de 50 ans. Désormais, l’entreprise suédoise table sur 30. Mais au vu de l’état de détérioration des bornes au bout de 15 ans (toujours en Espagne), on est en droit de se demander si cet objectif sera atteint. Autre problème : l’incapacité du système à collecter le verre et les encombrants ». Ces écrits ne font que confirmer ce que n’a cessé d’exprimer l’association : « Halte à la pompe à ordures ». Sur le coût de l’opération d’abord. Ce sujet n’a commencé à s’éclaircir qu’en décembre 2009 lorsque le journal d’informations municipales avance le chiffre de 13 millions d’euros. Pourtant le 25 novembre, le conseil municipal est appelé à se prononcer sur une délibération qui comporte le chiffre de 10.988.913 euros. Ainsi, en une semaine, et sans que les conseillers municipaux en soient informés, la facture a augmenté de 2 millions d’euros. Sur le plan écologique, en second lieu, tout le monde s’accorde à reconnaître qu’il faut beaucoup d’électricité pour faire fonctionner ce système. Par ailleurs, nous pouvons craindre que ce procédé vienne donner un coup d’arrêt aux efforts déployés pour développer le tri sélectif, alors qu’il y a encore tant à faire. Enfin, une autre question a été posée à de multiples reprises. Qui peut prétendre qu’un tel système sera encore adapté dans 15 ou 20 ans ? La réponse n’a pas tardé. En octobre 2010, nous apprenons que la société ENVAC va installer son premier système MOVAC de collecte par aspiration à Issy-les-Moulineaux. Ce procédé de collecte par aspiration des déchets permet le dépôt et le stockage temporaire des ordures ménagères dans des réservoirs souterrains d’une capacité de 8m3 placés à proximité des usagers, et interconnectés à des points d’aspiration où se connectera le camion MOVAC aspirant alors les déchets. Ainsi, plus de tuyaux et plus de centrale d’aspiration qui défigure le paysage. Nous apprenions encore, sur le site d’ENVAC, que l’installation du système MOVAC à Issy-les-Moulineaux représente un investissement de 4,3 millions d’euros pour 3430 logements. Trois fois moins que celui retenu à Romainville. C’est une évidence. Il y avait d’autres priorités que ce projet aussi coûteux que démesuré. Il ne répond qu’à l’envie, au plaisir de voir Romainville faire partie d’un petit « club de pionniers », qui se réduit comme une peau de chagrin, au point qu’aujourd’hui, Romainville sera la « seule ville de France à bénéficier d’un tel système ». Peu importe le prix à payer, pour 2602 logements concernés.

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